OSLO - La justice norvégienne a condamné lundi à cinq ans de prison le mollah Krekar, fondateur du groupe islamiste kurde irakien Ansar al-Islam, pour des menaces de mort et appels au meurtre, notamment contre une ex-ministre qui avait décidé de l'expulser du pays scandinave.

La Cour ne rejette pas la charia mais, en droit norvégien, la charia n'a pas sa place, a estimé le tribunal d'Oslo dans son verdict.

Etabli en Norvège depuis 1991, le mollah de 55 ans était accusé d'avoir tenu des propos menaçants contre Erna Solberg, une ancienne ministre qui avait ordonné son expulsion en 2003 au motif qu'il représentait une menace pour la sécurité du royaume.

Ma mort coûtera cher à la société norvégienne, avait-il déclaré au cours d'une rencontre avec la presse étrangère en juin 2010.

Erna Solberg dit +envoyez le mollah Krekar à la mort+. Elle devra en payer le prix. Elle en paiera le prix de sa propre vie. Je ne sais pas qui lui ôtera la vie : Al-Qaïda, Ansar al-Islam, ma famille, mes enfants, je ne sais pas (...) mais elle en paiera le prix, avait-il dit en arabe.

Les trois juges d'Oslo ont ainsi donné raison au Parquet qui voyait dans ces déclarations une menace visant à inciter les autorités norvégiennes à revenir sur leur arrêté d'expulsion.

Celui-ci n'a toujours pas été mis à exécution faute de garanties sur la sécurité du religieux en Irak où il risque la peine de mort.

Le mollah, Najmeddine Faraj Ahmad de son vrai nom, a aussi été condamné pour avoir menacé trois autres kurdes accusés d'avoir brûlé des pages du Coran ou profané celui-ci.

Au cours du procès, l'accusé a reconnu avoir tenu les propos qui lui sont imputés tout en affirmant qu'il ne faisait qu'énoncer les principes de l'islam.

Bien qu'il ait blanchi le mollah des accusations d'appels au meurtre contre les soldats américains en Irak, le tribunal a suivi le réquisitoire du Parquet qui réclamait cinq ans de prison ferme.

La défense, qui avait réclamé la relaxe totale pour le mollah Krekar, a fait appel sur le champ.

Les propos prononcés par l'accusé ne sont ni des menaces ni un acte terroriste et nous estimons que l'interprétation du tribunal est erronée, a déclaré à l'AFP l'avocat Brynjar Meling.

Figurant sur la liste des personnes et groupes terroristes dressée par l'ONU et les Etats-Unis, le mollah Krekar reconnaît avoir co-fondé Ansar al-Islam en 2001, tout en affirmant avoir cessé de diriger le groupe en 2002.


(©AFP / 26 mars 2012 17h11)

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