Québec fera préparer en sous-traitance des mets qui respectent les coutumes religieuses

prison

Photo Agence QMI

La prison de Hull.

Exemples de repas commandés pour les détenus
Repas congelés cachers
Steak Salisbury
Chow mein au poulet
Rôti de veau
Veau cippolata
Piment farci
Poulet espagnol
Saumon
Lasagne
Bœuf rôti
Repas congelés halals
Poulet rôti
Poulet aux olives
Ailes de poulet
Bœuf au citron
Poulet Machbous
Riz pilaf au poulet
Poulet Zitounia
Goulache

« Rien de trop beau »

« Il n’y a rien de trop beau pour les détenus au Québec », a laissé tomber l’ancien ministre de la Justice, Marc Bellemare.

L’avocat de Québec s’est dit « agacé » par ces dépenses du service correctionnel provincial,

« pendant que les victimes d’actes criminels s’arrachent le cœur pour avoir un peu d’aide financière de l’État pour des traitements psychologiques. »

Il a aussi comparé la situation avec la piètre qualité de la nourriture servie aux aînés dans certains CHSLD de la province, comme l’a révélé le Journal cette semaine.

« Ça ne me surprend pas, mais ça me dérange beaucoup, a-t-il dit. Le gouvernement du Québec parle des deux côtés de la bouche quand il dit qu’il n’a pas d’argent à mettre dans les prisons pour le projet de loi C-10 d’Ottawa. Mais il en a pour offrir des menus faits sur mesure aux prisonniers pour respecter leurs croyances religieuses.

« Le robinet est ouvert d’un côté. Mais lorsqu’il est question d’aller chercher des millions de dollars en revenus potentiels chez les détenus, en coupant les allocations que plusieurs reçoivent de l’État en tant qu’accidentés de la route ou du travail, par exemple, le gouvernement préfère ne rien faire. C’est illogique. »

Pas d’accord

Pour le criminologue Jean-Claude Bernheim, président de l’Office des détenus du Québec, servir de la nourriture halale ou casher aux détenus n’est pas nouveau.

« Ça remonte à des revendications des années 1980. Ce qui semble nouveau, c’est qu’on fasse appel au privé. C’est peut-être qu’il y a plus de détenus concernés et que ça pose un problème technique de les préparer en prison. Si ça se fait en société, je vois mal qu’on ne le ferait pas en prison aussi. »

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Pendant que la piètre qualité de la nourriture servie dans plusieurs centres pour personnes âgées soulève l'indignation, le gouvernement du Québec va dépenser des dizaines de milliers de dollars en sous-traitance pour fournir des repas halals et casher aux prisonniers issus de communautés culturelles.

Le ministère de la Sécurité publique a lancé, dans les derniers jours, trois appels d'offres pour obtenir des services alimentaires spécialisés, réclamés par les détenus pour des motifs religieux.

Les mandats concernent la livraison des repas halals et casher dans les établissements de détention de Bordeaux, Rvière-des-Prairies et Saint-Jérôme, trois des quatre plus grosses prisons de juridiction provinciale.

Les aliments ne seront pas préparés dans les cuisines des prisons, comme c'est la coutume, mais bien par des sous-traitants, qui les livreront une fois par semaine aux trois établissements.

« Chaque repas doit contenir une protéine (viande), un féculent et un légume », précisent les appels d'offres. Les contrats seront valides pour un an.

La plupart des mets seront congelés, mais le Ministère veut aussi se procurer des viandes halales fraîches, comme des cuisses de poulet et des cubes de boeuf.

Les quantités de nourritures commandées sont impressionnantes. Par exemple, le Ministère veut obtenir 41 produits casher congelés différents, dont 306 portions de rôti de veau, 371 portions de lasagne et 241 portions de poulet cacciatore.

Il a aussi besoin de 1 700 kilos de boeuf haché frais halal et 1 500 kilos de cuisses de poulet fraîches.

Plus de demandes

Des sources du milieu carcéral ont rapporté au Journal que dans le réseau correctionnel fédéral, le nombre d'accommodements à des fins religieuses est aussi en augmentation, surtout au niveau des repas.

Des prisonniers québécois se feraient même convertir à l'islam pour pouvoir prendre leurs repas dans leur cellule, selon un horaire spécial, plutôt qu'en groupe dans la cafétéria. Une situation qui pourrait très bien se produire dans les pénitenciers provinciaux, nous explique-t-on.

Hier, le Journal a posé des questions au sujet des accommodements à une porte-parole du ministère de la Sécurité publique, mais, en fin de journée, elle n'avait toujours pas rappelé.

Critères précis

La nourriture halale est consommée par les musulmans, tandis que celle casher appartient à la tradition juive. Dans les deux cas, les mets doivent avoir été préparés selon des critères très précis.

Par exemple, pour qu'une viande soit considérée comme halale, il faut que l'animal ait été égorgé par un humain et non une machine, grâce à une méthode très précise. Les méthodes d'abattage par des machines dans les usines, qui coûtent moins cher, sont évidemment interdites.

La personne doit aussi prononcer une prière au moment de tuer l'animal, dont la tête doit absolument être tournée vers La Mecque au moment de l'abattage.

Dans les deux cas, la consommation de porc ou le contact des aliments avec le porc est strictement défendu, tout comme la consommation d'alcool sous toutes ses formes.


  • En moyenne, dans les pénitenciers provinciaux, il en coûte 178 $ par jour pour garder un détenu. Les frais sont de 140 $ à Bordeaux et montent à 215 $ pour l'établissement Rivière-des-Prairies.

 

CA_JeanLouisFortin

Jean-Louis Fortin @

Journal de Montréal: http://www.journaldemontreal.com/2012/03/01/des-repas-halals-et-casher#.T1EcQZBqWes.email

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