Quand j’écoute les commentaires sur les critères de vote il me prend un vertige. Non encarté, non partisan, j’observe les candidats et les réactions du public au show médiatique. J’apprends avec effarement que les Français ne sont pas conscients des enjeux, s’imaginent que tout continuera comme avant en gros, quoi qu’on fasse, et sont prêts à mettre leur avenir en jeu en se lançant dans une aventure insensée, juste parce qu’un candidat sortant n’est pas assez parfait à leurs yeux et aux yeux des journalistes qui se veulent « de gauche » parce que ça fait bien.. Personne (presque, sauf quelques fanatiques) ne croit que les socialistes et leur candidat ont des solutions réalistes et efficaces pour engager la France sur le chemin du redressement. Personne ne croit qu’ils feront mieux. Non, juste on se dit qu’on pourrait voir avec un autre, que celui n’est pas exactement conforme à l’idée qu’on se fait d’un président, qu’il a eu quelques comportements qu’on n’approuve pas, et ce genre de choses. Oui, C’est frivole, c’est le moins qu’on puisse dire. Et inquiétant pour notre avenir.

Bien sûr cette inconscience ne vient pas de nulle part, elle leur est inspirée par les commentaires de la presse, des médias, des experts, des maîtres à penser de tous poils. Cette inconséquence angélique, cette frivolité aveugle de ces maîtres à penser ou ceux qui se considèrent comme tels me sidèrent.

Une question simple : qui de censé peut défendre et démontrer que nous avons la moindre chance de nous en sortir si l’économie française ne retrouve pas un niveau de compétitivité convenable ?

Sans une compétitivité restaurée de l’économie, pas de croissance possible, pas de créations suffisante de richesse, donc pas de capacité à se désendetter sur le long terme ( car l’accroissement de l’impôt, déjà trop élevé obère encore plus notre compétitivité). Donc aucun moyen d’échapper au cercle vicieux à la grecque, à l’appauvrissement généralisé, à la perte de confiance des prêteurs, puis l’augmentation des taux, puis à l’effondrement du modèle social Français. Toucher le fond.

Sans la compétitivité restaurée de la maison France, nous n’avons aucune chance de ne pas sombrer.

Ce point central, crucial, incontournable est-il pris en compte ? Et en ce cas que penser de cette immense duperie de l’électeur ? Qu’en dit la presse si éclairée, les médias ?

Or un programme qui n’a pas comme première priorité de restaurer notre compétitivité est tout simplement suicidaire. Même la rigueur du centriste vertueux est suicidaire, car il faut jouer sur les deux leviers : réduire le dépense, oui, mais sans obérer la compétitivité par trop d’impôt, donc libérer la capacité créative de français, leur force productive, leur capacité entrepreneuriale, leur envie de se démener pour s’en sortir tous ensemble. C’est la seule solution. Même la vision du candidat sortant à cet égard est insuffisante. La moins insuffisante sans doute, mais quand même insuffisante…

Car les commentateurs eux-mêmes sont dans cette posture étrange. Ils n’ont pas intégré que tout a changé parce que nous n’avons plus aucune marge de manœuvre. En 30 ans d’aveuglement nous avons été au bout du bout de la politique d’insouciance, et brûlé toutes nos cartouches, c’est fini !

En 81 on a pu faire d’énormes sottises ( au grand dam des Rocardiens) en les payant à crédit. On ne peut plus payer à crédit, au contraire il faut commencer à rembourser. Donc nous n’avons plus les moyens d’un tel angélisme, qui est un luxe coûteux !

Sans aucune marge de manœuvre, nous n’avons plus les moyens ( nous ne les avions déjà pas, mais ce n’était pas dit) de faire les gentils dispendieux qui prétendent dire oui à toutes les sollicitations qui sont ressenties comme « morales », « justes », « légitimes », « généreuses », « égalitaires » et tout le toutim. Ne l’oublions pas, nous sommes des nantis, à l’échelle du globe, et de l’histoire, pas assez semble-t-il, nous somme des enfants gâtés, nous avons le régime le plus redistributif au monde , le plus socialiste du monde, et ça sous Sarkozy. Le modèle social Français est le plus généreux au monde, mais a été payé à crédit, et nous a placés au bord de l’abime. Si on accélère dans la même direction , c’est simple, on sombre.

Alors les programme qui proposent d’aller encore plus loin dans cette folie sans expliquer comment c’est possible, sans financer par de la richesse créée ce surcroit de « générosité » payée par tous, cest simplement grotesque. Je dis bien : grotesque. Même quelques engagements du candidat sortant pour contrer la prodigalité du candidat rose bonbon, vont dans le mauvais sens : il faut se mobiliser pour créer de la richesse, la dépenser, c’est plus simple.

Je ne dis pas que c’est mal de faire du social, je dis qu’on a pris les problèmes à l’envers. Si on fait tout pour créer de la richesse, et qu’ensuite on la distribue, je dis bravo, et même on peut mieux faire encore. Le problème, on l’a fait à l’envers, et là c’est juste que ça ne marche pas, la preuve !

A ce stade, il n’y a pas deux solutions, il faut être moins dispendieux, et plus créateurs de richesses.

Et ce, dans le monde tel qu’il est et qu’il faut faire l’effort de comprendre. Pas dans un monde enchanté à la Mélenchon. Les Politiques, les commentateurs médiatiques pour la plupart d’entre eux, ne le comprennent pas. Ils parlent de questions futiles, partent de considérations anecdotiques, hors sujet. Hors du principal sujet. On peut planifier un magnifique voyage en voiture . Si l’on n’a pas de carburant… c’est du vent.

Or le carburant du social, de l’emploi, de l’élévation du savoir, c’est l’économie, et c’est la croissance vertueuse, créatrice de richesse. Il faut redonner l’envie de faire, d’entreprendre, de créer. Et alors on pourra faire dans la générosité : il y a un préalable.

Or le programme socialiste qui en gros propose de rejouer 1981 et le Miterrrandisme à peine actualisé, c’est simplement une imbécilité, doublé d’une escroquerie intellectuelle.

Les Français doivent y songer pour voter : ils auront le Président qu’ils méritent, et au-delà, ils auront l’avenir qu’ils méritent.

Car là est le seul débat qui vaille : quel avenir voulons-nous ? Et quel avenir méritons-nous ?

Franchement, le reste, le Fouquet’s et toute cette série de psycho-lubies , c’est de l’irrationnel, du partial, du ridicule, du frivole. Du populisme de bas étage.

Regardons les choses en face : au-delà du candidat François Hollande, il y a les socialistes, avec leur grand écart sur la vision du monde actuel, et au-delà il y a une « majorité plurielle » de nouvelle mouture, avec les communistes de Mélanchon, le tout d’inspiration passéiste, chimérique, doctrinaire, fermée.

Ceci dessine en filigrane l’avenir qui nous est promis : un grand élan vers les illusions du passé. Plus la continuation de l’aveuglement et de l’immobilisme des deux rois fainéants que le Français semblent encore tant aimer, dit-on. Ils n’ont pas encore compris tout le mal que ces deux idiots sympathique ont fait à la France. Car ce sont ces deux là, et leurs conseillers, n’ayons pas la mémoire courte, qui nous ont placé dans l’impasse ou nous sommes aujourd’hui.

Engoncé dans sa carapace protectrice, François Hollande semble rester accroché aux illusions des années 80, voire des années 50, il montre par ses propos qu’il ne comprend pas dans quel monde nous sommes entrés, il ne comprend pas à quelle vitesse ce monde avance, il ne comprend pas comment ça marche. Il ne comprend pas que c’est le travail des Français, qui constitue l’économie, et pas l’Etat, et pas le Président qui rend possible ou impossible les promesses et les prodigalités des hommes politiques. Eux ne créent rien, ne peuvent rien si l’économie, c'est-à-dire notre sueur, notre créativité, ne sont pas au rendez-vous. Lui, le Président son pouvoir est surtout un pouvoir de nuisance s’il nous entraîne dans des impasses, ou s’il ne suscite pas en nous l’envie de faire. Lui ne crée rien, il peut juste favoriser ou entraver notre capacité créatrice.

Voila pourquoi avec Hollande nous choisissons un régime apeuré, émotionnel, recroquevillé, démagogue, sans vision de la place qu’on veut pour la France dans le monde d’aujourd’hui et de demain, sans vision des moyens ne libérer le potentiel créatif des forces productives française, sans vision de la manière de réactiver et objectiver les énormes atouts de la France, que 30 ans d’incurie politique ont étouffés.

Voilà pourquoi ce régime va très vite nous mener dans le mur, probablement exploser en vol en quelques mois, deux années au maximum, et avec quels dégâts ?

Alors pendant cinq, dix ans, nous allons toucher le fond, et enfin dans le meilleur des cas, renoncer à nos illusions, condition nécessaire pour avoir une chance de rebondir, et repartir vers la prospérité.

Le résultat le plus remarquable, on sera cette fois débarrassés de cette gauche là pour 30 ans, et la gauche aura un long, long temps pour se réinventer.

Faut-il boire cette potion amère pour en sortir ?

Avec Sarkozy nous choisissons un homme remarquable, hors du commun, perfectible, avec les défauts de ses qualités, qui n’a pas « fait tout bien », mais en prise sur les défis du monde, en prise aussi sur les difficultés internes d’une majorité indécise, un homme qui va tout faire pour nous guider, même à tâtons, vers un avenir possible. Il n’a pas voulu ou pu corriger suffisamment les fautes des deux rois fainéants qui l’ont précédé. C’est une erreur, mais certains de ses conseillers, ses alliés politiques aussi y sont pour quelque chose. Il n’a pas réalisé la rupture avec cette incurie.

Il agace d’autant plus qu’il est au dessus du lot. C’est probablement l’explication de la haine qu’il suscite : il est trop fort, trop bon, et en France , ça détonne. Pour autant, même s’ il a fait beaucoup d’erreurs, je ne vois pas qui à cette place aurait pu ne pas en faire.

Son bilan ? Reconnaissons malgré ces réserves qu’il est remarquable à tous égards, ses conseillers ont eu tort de vouloir l’occulter, pensant que « le peuple » était incapable de comprendre. Juste, il aurait dû aller plus loin dans la rupture avec nos illusions passées. Il suffit de comparer le résultat de la France avec les pays comparables, sur tous les critères, pour voir que, hormis l’Allemagne sur certains critères, et quelques autres exceptions, les résultats sur la période sont meilleurs en France que partout ailleurs. A condition d’être de bonne foi, et c’est ce qui manque le plus dans ce pays à tendance clanique. Oui, clanique : voir la haine contre Besson d’avoir « trahi son clan ». Car on ne peut juger que de manière relative, sauf à prendre le Président pour un dieu.

Le vrai choix est là, et non pas, comme le croient certains, dans l’illusion du choix entre une société molle mais solidaire et une société dynamique mais dure. Chimère. Dans un cas elle sera éteinte, appauvrie, fermée, et sans issue, dans l’autre elle sera difficile, pragmatique, plus ouverte, et en tous cas moins dure pour les « démunis », finalement, contrairement aux proclamations tonitruantes. Avec l’espoir d’un chemin possible, à conquérir dans l’effort, vers un retour au premier plan.

Choisir en somme entre une voie sans issue et un chemin avec une issue possible, pas certaine car il reste beaucoup à faire, mais possible.

Je prends date : avec le programme socialiste et Hollande, le chômage explosera, puis les pensions ne seront pas intégralement payées, les salaires des fonctionnaires seront, dans le meilleur des cas, durablement gelés, l’inflation augmentera, les taxes, la TVA et le CSG seront fortement augmentés, le pouvoir d’achat baissera fortement, la récession s’installera, les fermetures d’entreprises se multiplieront. La France entrera dans la tourmente . C’est mathématique.

Je serais à leur place, les personnes engagées dans les partis de gauche, ou sympathisantes, mais lucides, devraient oublier leur esprit de clan et se dire que la gauche n’étant pas mûre pour guider le pays dans cette tempête, il vaut mieux passer son tour et se préparer vraiment pour dans cinq ans. Les gens de gauche raisonnables devraient, tactiquement, voter Sarkozy. C’est trop demander en termes d’intelligence ? Je ne sais pas. L’esprit de clan est trop dominant pour cela ? Sans doute.

Mais j’entends la meute anti-Sarkoziste se déchaîner « il n’a pas tenu ses promesses ! ». Mais qui croit sérieusement que Hollande tiendra les siennes ? Pas même lui. Qui les a tenues ? De Gaulle ? Moins encore. Personne. Hormis la crise mondiale, Sarkozy est le seul a avoir tout fait pour en tenir le plus possible, malgré son entourage partisan qui a tout fait pour maintenir l’existant, et le freiner dans sa volonté de rupture.

Mais tout ça, que les promesse ne sont jamais tenues, les français éveillés le savent !

Par parenthèse, Mitterrand a-t-il tenu ses promesses ? Chirac ? « Non, mais c’est pas pareil ». Ah bon… Quant au bilan, quel est le bilan de 25 ans de Mitterrando-Chiraquisme ? « désastreux, mais c’est pas pareil » . Ah bon …( En fait c’est bien pire). Pour autant, a-t-on vu contre eux ce déchaînement de haine, d’insulte, de propos insensés. Par exemple par Bayrou, ou Jean-François Kahn titrant sur le fait qu’il serait fou, une autre fois un truand, ou un simple d’esprit, ou vulgaire, ou je ne sais quoi. Bref pas « comme il faut ». Et tous les journalistes de gauche instaurant un vrai terrorisme tel que les autres au mieux se présentaient comme neutres pour ne pas encourir les foudres du « bien pensant anti-Sarkoziste obligatoire ». Cet aspect a été trop négligé par lui ou ses conseillers, pour le protéger sans doute.

La tolérance au mensonge d’une certaine gauche , depuis le stalinisme, par les intellectuels, les médias, les politiques, a pris des proportions alarmantes. Les plus haineux et menteurs comme Jean-François Kahn retournent la chose en traitant les autres de menteurs. Cinq ans de matraquage mensonger par toutes les forces politiques de l’extrême droite à l’extrême gauche, et même dans les rangs de l’UMP et alliés, c’est beaucoup, il n’est pas trop étonnant que cela ait laissé des traces.

Alors, peut-être, c’est difficile à dire, il faut passer par ce cataclysme annoncé, toucher le fond, pour que les Français se réveillent enfin de leur torpeur, qu’ils comprennent qu’ils ont subi un véritable lavage de cerveau anti-Sarkoziste et anti-libéral par les porteurs de la bonne parole du « ce qu’il faut penser » pour être « bien ». Peut-être faut-il que les Français, ces enfants gâtés, touchent vraiment le fond du fond pour réagir ?

Bref en ce cas faut il souhaiter la victoire de Hollande, comme une purge violente mais nécessaire ? Je ne sais pas. Mais je sais que ce sera extrêmement douloureux. Une chimiothérapie douloureuse.

Nécessaire ? ou encore évitable ?

Robert Bellec

 

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