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(Québec) L'Assemblée nationale a adopté une motion pour exiger que le gouvernement Harper «refuse l'entrée au Canada d'Abdur Raheem Green et d'Hamza Tzortzis, considérant leurs propos homophobes et leurs discours banalisant la violence envers les femmes». Ces deux membres du Islamic Education and Research Academy (IERA), en Angleterre, doivent venir donner une conférence à Montréal.

Il s'agit toutefois d'une motion qui a été adoucie par le gouvernement libéral. La motion originale résulte d'une initiative de l'ADQ. «Je suis en furie», a lancé la leader parlementaire de l'ADQ, Sylvie Roy.

L'ADQ devait déjà présenter aujourd'hui une motion sur un autre sujet. Pour en présenter une deuxième, elle avait besoin du consentement des autres partis. Le PQ et Québec solidaire ont accepté. Les trois partis ont convenu d'un libellé (voir plus bas) qui rappelait que ces deux islamistes «font la promotion de la criminalisation de l'homosexualité et de la violence faite aux femmes».

Cette formulation était importante, explique Mme Roy. «Ce qu'on veut, c'est demander au fédéral de les empêcher de venir au Québec. On ne peut pas interdire à quelqu'un de venir au pays parce qu'il a déjà dit une fois quelque chose d'homophobe. Eux, ils font activement la promotion de l'homophobie et de la violence aux femmes. C'est important de le dire, ça donne une bonne raison de les bloquer.»

Le PQ et Québec solidaire l'ont appuyée. Il n'y avait personne de l'ADQ en chambre lors du vote. Mme Roy était en interview radio. Elle estime que le leader parlementaire adjoint du gouvernement Charest, Henri-François Gautrin, a profité de son absence pour procéder au vote.

Le PQ dit avoir donné son appui à la motion modifiée à cause de «l'urgence» de la situation. Les conférenciers pourraient atterrir demain à Montréal, et une telle motion était mieux que rien, explique-t-on.

Dans une disponible sur YouTube, Abdur Raheem Green, affirme que le Coran autorise les hommes musulmans à utiliser «une certaine forme de force physique pour protéger leurs femmes contre le mal». Il a déjà aussi affirmé qu'il fallait «criminaliser l'homosexualité au même titre que la pédophilie et le cannibalisme». La peine de mort ou la flagellation devraient être envisagées pour punir l'homosexualité, croit le groupe islamiste.

La péquiste Carole Poirier, porte-parole en matière de Laïcité, dénonce les « théories rétrogrades et antidémocratiques » du groupe.

Le Collège Vanier refuse

Aucun lieu n'a encore été trouvé pour la conférence controversée. Elle est organisée par l'Association musulmane de Concordia. L'événement devait se dérouler à l'université Concordia, mais les étudiants ont finalement choisi de la tenir ailleurs.

Mardi, le groupe musulman a demandé au Collège Vanier de lui réserver une salle. Les étudiants ont dit qu'ils organisaient un événement qui véhiculerait «une image positive de l'Islam», raconte la porte-parole de l'établissement, Marguerite Corriveau. Après avoir pris connaissance de la nature de la conférence, le Collège Vanier a finalement refusé de l'accueillir.

Sur son site, l'IERA affirme que l'événement se déroulera encore ce vendredi. Aucun lieu n'a encore été trouvé. La Presse a tenté sans succès de joindre l'IERA. Le groupe islamiste n'a pas répondu à nos appels ou à nos courriels.

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Motion initiale de l'ADQ-PQ-QS

«Que l'Assemblée nationale du Québec exige du gouvernement fédéral qu'il refuse l'entrée au Québec d'Abdur Raheem Green et d'Hamza Tzortzis parce qu'ils font la promotion de la criminalisation de l'homosexualité et de la violence faite aux femmes. Que l'Assemblée nationale réitère que ces positions rétrogrades n'ont pas leur place dans une société démocratique et vont à l'encontre des valeurs fondamentales de la société québécoise soit l'égalité entre les hommes et les femmes et de respect de l'intégrité physique.»

Version modifiée par le gouvernement libéral

«Que l'Assemblée nationale du Québec exige du gouvernement fédéral qu'il refuse l'entrée au Canada d'Abdur Raheem Green et d'Hamza Tzortzis considérant leurs propos homophobes et leurs discours banalisant la violence envers les femmes; Que l'Assemblée nationale réitère que ces positions rétrogrades n'ont pas leur place dans une société démocratique et vont à l'encontre des valeurs fondamentales de la société québécoise, soit l'égalité entre les hommes et les femmes et le respect de l'intégrité physique des personnes.»

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : La Presse, 18 octobre 2011 via Poste de veille

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