Depuis des mois, François Hollande ne cesse de répéter que s’il est élu, il veut faire de « l’excellence » en matière éducative. C’était une mesure à laquelle j’adhére complétement, mais hélas la démagogie a repris le dessus.

En déplacement à Bondy, il a fait une proposition qui vient en totale contradiction avec « l’excellence » qu’il prône. Avant d’essayer d’argumenter dans le but de démontrer la stupidité de cette proposition , je cite le candidat Hollande » « Dans tous les lycées de France, quels qu’ils soient, une part des élèves de terminale devront aller dans les classes préparatoires aux grandes écoles. Ça peut-être de 5 à 6% des élèves qui iront en classe préparatoire « . Il ne faut pas avoir peur des mots, cela porte un nom, et Hollande propose ni plus ni moins que d’installer « des quotas » dans les classes prépas et ce, au nom de la « diversité sociale« .

Il faut vraiment être énarque pour tenir de tels propos. Cette proposition, si François Hollande est élu, peut bien évidemment être imposée et mise en place. Le risque est alors qu’ il pourrait se produire ce qui s’est passé pour le BAC, c’est à dire une dévaluation des diplômes du fait que le nivellement se ferait par le bas. Néanmoins il y a une différence importante voire essentielle, c’est que pour la plupart d’entre elles, les grandes écoles ont des directions indépendantes et même des Conseils d’administration et que ces instances ne se laisseront pas imposer ce type de quotas. Elles réagiront. Alors quelles seront ces réactions ? Pour moi, elle paraissent évidentes.

Il me paraît en effet évident qu’en imposant ce qu’il faut bien appeler des « quotas » les socialistes vont remettre au goût du jour ce qu’ils prétendent vouloir abolir à savoir les priviléges qu’apportent l’argent. En effet, si une telle réforme voit le jour, il n’y aura que deux réponses possibles : soit les éléves n’auront pas le niveau et ils seront très vite complétement coulés et par la suite démotivés, soit ce sont les classes prépas qui se mettront au niveau des éléves imposés par les quotas et le niveau de ces classes baissera.

Se produira alors l’inévitable. On assistera à la créations de classe de super prépas qui seront bien évidemment privées et chères et donc réservées aux plus aisés, donc aux riches que Hollande dit ne pas aimer. De plus, il est évident que les grandes écoles iront puiser dans ces établissements nouveaux et on assistera alors à la fois à la casse d’un système qui ma foi ne fonctionne pas si mal et à la création d’un nouveau système dont seules les classes supérieures pourront bénéficier .

La solution ce n’est pas les « quotas » mesure complétement administrative et dont l’idée ne peut venir que d’un énarque. Ce qu’il faut c’est aller dans les lycées situés dans les quartiers dits « difficiles« , discuter avec les chefs d’établissements, rencontrer les meilleures éléves et leurs professeurs, leur faire découvrir l’existence des classes prépas que souvent ils ignorent, leur parler des grandes écoles, de leur fonctionnement et de leurs débouchés. Une fois ces éléves dénichés la République doit jouer son rôle en les aidant par des » bourses » et non par des « quotas » .

L’idée de François Hollande est vraiment une très mauvaise idée et nous avons là le symbole de cette démagogie que je déteste. Elle est guidée par une idéologie qui mènera à l’opposé de ce que probablement on souhaite. Cet homme n’est vraiment pas au niveau de la fonction à laquelle il prétend. Les quotas n’ont jamais résolus les problèmes, mais on reconnaît bien là, l’idéologie socialiste… chassez le naturel, il revient au galop.

 

Témoignage d’un professeur en ZEP pour itinerarium, qui constate le nivellement par le bas de science-po et l’ethnicisation des admissions :

« Je donne quelques cours dans un lycée classé ZEP qui a un partenariat avec Sciences Po et certains de mes élèves présentent ou ont présenté le concours d’entrée. C’est une épreuve sur dossier interne au lycée : une synthèse d’articles de journaux sur un thème d’actualité choisi en décembre, et une séance de questions-réponses autour de ce dossier. Les exigences sont faibles. Dans un second temps, ceux que le lycée a jugé aptes vont passer un oral à Sciences Po. Le profil ethnique est un facteur décisif pour l’admission, plus encore que le brio intellectuel ou le revenu des parents : ce n’est pas dit, mais constaté chaque année. Mesure de façade, vitrine ou cache-misère, et non mesure valable favorisant la mobilité sociale. La mort de Descoings n’a rien d’attristant. »
 
 
 
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