La laïcité, ce n'est assurément pas le cheval de bataille de cette candidate ! Les déclarations de Ségolène Royal sur ce thème sont aussi rares qu'ambigües. On connait toutefois sa définition de la laïcité, pour le moins restrictive :  "La vraie notion de la laïcité, ce n'est pas le refus des religions, mais le respect de toutes les religions et de ceux qui les pratiquent " dit-elle dans Le Parisien (23 février 2006).

Sa définition même de la laïcité plutot restrictive. Pour elle, la laïcité, c'est avant tout le respect des religions.
Son silence durant l'affaire des caricatures du prophète Mahomet. Ses déclarations ensuite plus inquiétantes.

Sa désinvolture dans l'affaire du voile à l'école et sa manière quasi systématique de ridiculiser l'importance de ce problème en faisant diversion avec d'autres questions mineures.

En pleine polémique sur le voile à l'école, Ségolène Royal fait diversion avec le string

 

 

Pour Ségolène Royal, la polémique sur le voile, c'est beaucoup de bruits pour rien ! D'ailleurs en pleine polémique sur le voile à l'école, la candidate préfère faire diversion avec le string.

Elle se lance alors dans une campagne anti-string au pire moment, à tel point qu'on ne peut s'empecher, à tort ou à raison, d'opposer l'un à l'autre. Aurait-on affaire à une sorte de donnant-donnant à l'adresse des religieux ? Le string, répète S. Royal, est une "atteinte à la dignité de la femme". Et le voile, c'est quoi ? C'est que Mme Royal a un sens des priorités qui lui est très personnel.

 

 

Le voile: les dessins animés japonais, "je pense que c'est beaucoup plus grave"

En 89 déjà, elle jugeait cette affaire insignifiante. Ségolène a d'autres bêtes noires bien plus sérieuses : les mangas et les dessins animés dits "violents" par exemple. Goldorak serait-il une menace "bien plus sérieuse" pour la démocratie qu'un Tariq Ramadan ?

"Qu'est-ce qui est le plus inquiétant pour les valeurs françaises ou européennes ? Trois filles qui portent un foulard et qui finissent par l'enlever ou bien le fait que tous les jours des millions d'enfants voient pendant trois heures d'affilié des dessins animés japonais où on s'entre-tue. [...] Moi je pense que c'est beaucoup plus grave, ce qui se passe à la télévision, et tout le monde s'en fiche ".
Tout le monde en effet ne peut suivre Ségolène dans ses excès...



Une mixité remise en question

 

L'ordre moral prôné par Ségolène Royal (elle préfère utiliser le terme du pape Benoit XVI : l'"ordre juste") ressemble par bien des aspects à celui prôné par les intégristes. Aussi, arrive-t-il que ses points de vue rencontrent ceux de ces religieux. Il en est ainsi de la question de la mixité.

Comme Martine Aubry, Ségolène Royal défend les horaires d'accès réservé aux femmes dans les piscines municipales, demandés par les associations islamistes :
 
"Dans certains cas, si les municipalités le font, c'est peut être que ça correspond à une demande. Les femmes enceintes ou les filles qui se font embêter à la piscine par les garçons, ça mérite d'être regardé." (interview sur RTL, citée par D. Bernard).
 
A l’école, elle suggère de "réfléchir à des aménagements d'espaces non mixtes, des moments d'accalmie. Lors des cours d'éducation sexuelle par exemple, c'est indispensable. En éducation physique, à la piscine, pourquoi pas. Et même à la cantine qui est un moment fort de déclenchement de violence : on s'y bouscule beaucoup" (Le Parisien, 8 septembre 2003).

"Ça mérite d'être regardé", "pourquoi pas", "réfléchir"... Le problème, c'est que sur ce thème, Ségolène ne tranche jamais totalement. Cela permet bien sûr d'envisager un revirement positif (comme sur les questions en rapports avec les droits homos par exemple qu'elle a fini par accepter du bout des lèvres et poussé par son parti). Mais ce flou prouve surtout la faiblesse de son ancrage dans la laïcité. 

Ses positions que l'on peut qualifier de presque "anti-laïques" semblent davantage le fait d'un féminisme qui fait "fausse route" (pour reprendre le titre de Badinter) que le fruit d'une éducation religieuse stricte. Avec Royal, la femme reste enfermée dans ses spécificités biologiques, éternelle victime. C'est ainsi que nombre de féministes rejoignent les islamistes... par d'autres chemins. C'est pour protéger la femme par exemple que des féministes suédoises demandent des wagons qui leur seraient réservées dans le métro de Stockholm, à l'image de celui de Téhéran. C'est toujours au nom de la protection de la femme qu'on l'enferme, dans un wagon ou sous un voile !

 


Silence radio  sur l'affaire des caricatures

Comme sur nombre de sujets polémiques, Ségolène Royal préfère ne pas s'exprimer. C'est ainsi que durant la crise internationale qui a suivi les caricatures du prophète, elle n'aura pas dit un seul mot.

Les seuls propos rapportés sur le sujet émane du Monde. Le quotidien retrace une conversation entre la présidente de la région Poitou-Charentes et un de ses amis : "  N'aie pas peur, Jean-Pierre ! Je ne laisserai pas insulter Dieu !" Ségolène Royal, qui se dit "croyante", trouve en effet inadmissible qu'on insulte l'image sacrée du Prophète musulman", renchérit la journaliste, témoin des propos (voir article). Pour Royal, plutôt renoncer à l'esprit critique que d'encourager l'« islamophobie », concept malheureux qui confond critique de la religion et attaque contre les croyants.

 
Cette façon, face aux démocrates, de donner raison aux théocrates est assez inquiétante pour une candidate possible à l'Elysée...

 

 

 

 Un ensemble de prises de positions conservatrices et ultra puritaines. De ses lubies anti pédophiles (voir les effets désastreux* de la circulaire Royal à l'école), anti "pornographiques", sa guerre contre les publicités affichant la nudité, les mangas, sa vision restée traditionaliste de la famille, etc...

 

 Des associations féministes ont interpellé Mme Royal, demandant entre autre une clarification de son discours sur la mixité. A plusieurs reprises, la candidate avait en effet remis en cause cette mixité. La question serait-elle dérangeante ? Toujours est-il que la lettre est restée à ce jour sans réponse :

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Madame Ségolène Royal Candidate à la candidature à la présidence de la République

Lyon et Paris, le 16 juin 2006
Madame la Ministre,
 
« La ligue des droits de femmes » et « Regards de femmes », comme beaucoup d’autres associations féministes, souhaitent connaître vos positions sur la menace de régression que représentent pour les droits des femmes les prétentions de certaines religions.
 
Ceux qui voudraient que la foi passe avant le droit attaquent ainsi les deux principes constitutionnels de notre République une et indivisible : l’égalité en droit femmes/hommes et la laïcité.
 
Alors que la laïcité permet la coexistence de tous sur le territoire quelles que soient les origines ethniques ou les particularités religieuses, des demandes dérogatoires en fonction de traditions religieuses se multiplient sur notre territoire.
 
Nous aimerions donc avoir votre opinion concernant ces demandes, en particulier les refus de mixité femmes/hommes dans les services collectifs : hôpitaux, établissements scolaires, activités sportives, culturelles et sociales.
 
Les accepter signifie que toutes les femmes en France n’ont pas les mêmes droits, particulièrement les femmes de confession ou de filiation musulmane. Au nom d’un relativisme culturel, on laisse les chefs de l’islam politique décider du sort de leurs coreligionnaires. Les conséquences sont lourdes pour les femmes : relégation, mariages forcés qui impliquent l’interdiction d’exercer une profession, port du voile obligatoire, parfois sévices impunis... Voilà qui bafoue les droits humains fondamentaux, conquis chèrement au terme de siècles de combat collectif contre les obscurantismes.
Approuvez-vous le constat et les conclusions du rapport de l’Inspection générale de l’administration dénonçant les refus de mixité dans les services collectifs ? Quelles mesures, préventives et répressives, envisagez-vous pour soutenir les agents publics soumis à d’intolérables pressions ?
Nos actions visent à protéger pleinement toutes les femmes vivant sur le territoire contre toute violation de leurs droits fondée sur ou attribuée à la religion. Nous nous appuyons sur la neutralité de l’Etat et des services publics. Cette impartialité dans la garantie de croire, de ne pas croire ou de douter et pour toutes les confessions de pouvoir exercer librement leur culte, sous réserve de ne pas attenter aux libertés d’autrui, ni troubler l’ordre public se retrouve également dans la Convention européenne des droits de l’homme. Les articles 9 et 10 concernant la liberté de religion et la liberté d’expression limitent également ces libertés à la protection des droits et liberté d’autrui et au trouble de l’ordre public.
Nous aimerions également connaître votre position par rapport à la résolution votée par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe « exhortant les Etats membres à veiller à ce que la liberté de religion et le respect de la culture et de la tradition ne soient pas acceptés comme des prétextes à la justification des violations des droits des femmes, y compris lorsque des jeunes filles mineures sont contraintes de se soumettre à des codes religieux (y compris à des codes vestimentaires), que leur liberté de circulation est entravée ou que l’accès à la contraception leur est interdit par la famille ou la communauté. »
Votre réponse sera diffusée à tous nos réseaux.
Nous vous prions de croire, Madame la Ministre, en l’expression de notre considération.
 
 
Pour Regards de femmes : Michèle Vianès, présidente
Pour la Ligue des droits des femmes : Anne Zélensky, présidente
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