Je me proposais d’expliquer à mes camarades socialistes ce que je pense de leur approche de l’islam d’aujourd’hui à l'occasion de ce que je croyais être mon droit de répondre à la Tribune libre du socialiste Sylvain Thévoz et de son ami Hafid Ouardiri dans le journal Postscriptum no 10. Le PS a refusé. (Voir à ce propos le texte qui suit celui-ci: "Vous reprendrez bien un zeste de stalinisme?")

Le texte de Postcriptum est le même que celui du blog de Thévoz, « Pour un islam de gauche », mais beaucoup plus long. Cette extension du domaine de l’insulte ne permet hélas pas d’apporter le moindre argument sur le contenu du livre qu’ils exècrent, ni l’un ni l’autre ne l’ayant ouvert.

Pourquoi est-ce que je quitte les socialistes? 

Voici les idées détestables dont la gauche doit à tout prix être préservée.

J'impute aux socialistes une grave responsabilité dans l’acceptation de revendications obscurantistes et sexistes, dans l’affaiblissement de la liberté d’expression dans nos démocraties et dans l’avancée de l’islam radical en Occident. 

1) A ma gauche, le Parti socialiste combat avec vaillance l’inégalité des sexes et s’indigne que le salaire des femmes soit encore de 20% inférieur à celui des hommes. A ma droite, il accepte des revendications réactionnaires, nées de la diabolisation du corps des femmes qui conduit à les recouvrir par des foulards, tuniques, robes informes, niqabs... Ils sont destinés selon la doxa officielle de l’islam, à aider les hommes à maîtriser leurs pulsions sexuelles. Dans les mosquées, on explique aux filles qu’elles doivent montrer la supériorité de leur religion et se différencier de ces Occidentales qui ont le droit de s’habiller comme elles veulent, de manière si indécente.

En Tunisie, des progressistes luttent désespérément contre ce niqab que les socialistes ne veulent surtout pas interdire. Les socialistes ne sont pas à leur côté.

A ma droite encore, des socialistes qui ne voient pas le retour du contrôle de la sexualité féminine et la lutte contre la mixité: cours de natation, camps scolaires, demande de certificats de virginité et de réfection d’hymens, refus de se faire soigner par des hommes, refus de serrer la main de l’autre sexe...

Rappelons-nous cette quinzaine d’hommes  sortant de la Mosquée de Genève après « la grande prières du vendredi » et qui croisent des filles en tenue de gym. Ils les insultent, leur jettent des canettes de sodas et les prennent en photo. Récemment, une prof décide de proscrire ce passage à ses élèves pour éviter une telle mésaventure. Hafid Ouardiri applaudit, il « trouve mieux que l'on anticipe un éventuel problème qui pourrait être pris comme une provocation». L’islam de gauche est en marche.

Ces demandes, identiques dans tout l’Occident, vont dans le même sens. Est-ce devenu celui du PS? Dans les quartiers européens où vit une forte population musulmane, les filles doivent se soumettre. La lecture du rapport de Jean-Pierre Obin (deux clics et le voilà !) donne une idée de la situation française. Le Point du 1er novembre confirme. Le Canada est complètement englué dans ses « accommodements raisonnables ».

 Dans un premier livre, j’ai démontré –par leurs propres propos- que tous les imams et porte-paroles (dont Hafid Ouardiri) qui s’expriment dans notre espace public sont intégristes…Sauf Saïda Keller Messahli qui préside un Forum pour un islam progressiste. Saïda et les féministes qui combattent cet islam ne sont pas d’accord sur tout, mais toutes se rejoignent sur unecondamnation absolue du foulard. C’est le cas entre autres de Ayaan Hirsi Ali (GB), Djemila Benhabib (CA), Chahdortt Djavann (FR), Nekla Celek (D), Wafa Sultan (USA). Elles ne comprennent pas non plus pourquoi, quand il s’agit d’islam, la gauche ne défend plus ses valeurs. 

2) A ma gauche, des socialistes qui se sont battus et dont certains sont morts pour la liberté d’expression, une valeur-phare de la démocratie. A ma droite, des socialistes qui ignorent un courant religieux qui l’affaiblit de jour en jour. Loin de nous, des fanatiques descendent dans les rues et tuent sous prétexte qu’un journal ou un bout de film se moquent de leur prophète. Et chez nous, des communautés musulmanes condamnent le fanatisme tout en en profitant pour demanderune exception au droit de critiquer. En attendant les lois, des menaces de mort accompagnent souvent ceux qui n’obtempèrent pas. La réaction systématique lorsque j’apprenais à quelqu’un que je préparais un livre critique sur l’islam, était : « Mais tu n’as pas peur ? »

 3) A ma gauche, les socialistes sont horrifiés par un vote interdisant les minarets. A ma droite, les socialistes sont indifférents à l’interdiction de la liberté de religion dans tous les pays musulmans et ne se soucient pas le moins du monde des convictions de leurs amis mahométans à ce propos.

 3) A ma gauche, les socialistes humanistes sont opposés à la peine de mort, à la torture et adeptes de la paix et de l’égalité entre hommes et femmes. A ma droite, les socialistes n’osentpas dire quelle est l’origine de 20'000 attentats commis depuis 2001 et de tant d’atrocités contre les femmes, les « déviants » et les minorités chrétiennes. Rappel: les Iles Maldives ont réintroduit le fouet contre les adultères, et une écrasante majorité de femmes en est victime. La charia est devenue une obsession générale. A ma droite encore, des socialistes qui ne prennent la peine ni de s’informer sur ces crimes, ni de vérifier si les textes islamiques les justifient.Ils aiment répéter avec leurs amis musulmans: « Tout cela n’a rien à voir avec l’islam ! »

4) A ma gauche, le parti socialiste se révèle sans concession contre les dogmes conservateurs du catholicisme. A ma droite, le parti n’incrimine pas la religion islamique pour ses dogmes réactionnaires. Oserait-t-il taxer de bigoterie, comme on l’a tant fait pour ces catholiques, la tendance sans cesse plus grande au respect des rites, de plus en plus de rites? Le résultat est pourtant semblable: absence de doute, fermeture à l’autre.

5) A ma gauche, le parti socialisme condamne sans concession le radicalisme. A ma droite, les socialistes ne lèvent pas le petit doigt contre le développement de cette frange en Occident, frange qui entretient des liens étroits avec les extrémistes des pays musulmans. Les socialistes, à ma droite, sont par ailleurs peu soucieux que de nombreuses mosquées soient confiées aux partisans d’une théocratie islamique (souvent proches des Frères musulmans, c’est le cas en Suisse). Peu soucieux aussi qu’une frange de musulmans devienne de plus en plus violente (voir France, Belgique, Pays-Bas, Suède...)

 Oui, j’appelle les socialistes à réagir contre l’emprise de cet islam obscurantiste, même quand il concerne une partie de ceux qu’on aimerait tellement imaginer « intégrés ». Jusqu’ici, le Partia d’autres priorités: défendre les musulmans et musulmanes victimes d’islamophobie et lutter farouchement contre l’UDC.

 

 VOUS REPRENDREZ BIEN UN ZESTE DE STALINISME?

Le Courrier et le Parti socialiste ont donc refusé que je réponde à des tribunes libres aussi diffamatoires qu’indigentes, qui évitaient d’entrer dans le vif du sujet. Thévoz et Ouardiri ont aussi décliné ma proposition d’interview.

Notons que Le Courrier ne censure pas seulement ses accusés, mais aussi ses abonnés. Ainsi, André Thomann a écrit une lettre de lecteur en ma faveur. Elle se terminait ainsi : « Et contrairement à ce que vous dites, Riposte laïque n'est pas un journal d'extrême droite… ».

Le Courrier lui a indiqué : « Nous publierons votre lettre (…) à condition toutefois de retirer le dernier paragraphe (…)Votre appréciation est erronée.». Thomann a obtempéré, mais il n’est plus abonné.

 

Le président du Parti socialiste, lui, a eu le refus mesquin. Quintessence d’un entretien téléphonique:

- Le président: Non, vous ne pourrez pas répondre, car seuls les membres du parti peuvent écrire dans Postscriptum. Et comme vous avez un retard de cotisations, vous en avez été exclue… »

- Ah bon, je ne suis plus membre du parti ? Ne prévient-on pas les membres lorsqu’ils sont exclus ?

- Si, on prévient…mais… je vai stéléphoner au PS VIlle...

Au final, Romain de Sainte-Marie reconnait que je suis encore membre et que la vraie raison, c’est qu’il y a des idées qu’il est exclu de laisser passer dans le Saint Parti.

Dans toute l’Europe, la gauche neutralise ainsi les quelques islamo-lucides égarés dans ses rangs afin qu’ils ne risquent pas de contaminer la saine vision des adhérents. J’en ai pourtant rencontré davantage que je ne l’imaginais au PS, de ces lucides, mais ils cachent mes livre sous leur matelas ! Il fut un temps où il ne fallait en aucun cas dénoncer les horreurs du stalinisme pour ne pas renforcer la bourgeoisie et désespérer Billancourt. Aujourd’hui, il s’agit de ne pas renforcer les partis qui critiquent l’islam réactionnaire et radical.

Les socialistes suisses ont ainsi pour priorités uniques à ce propos, de lutter farouchement contre l’UDC et « l’islamophobie ».

Ce n'est pas mon combat, ce n'est plus mon parti. La lutte contre le totalitarisme islamique qui s'étend me paraît infiniment plus importante. 

 

http://contre-chantmireillevallette.blog.tdg.ch/archive/2012/12/03/adieux-au-parti-socialiste.html

Retour à l'accueil