Très mauvais calcul de l'administration Obama. Les forces démocratiques de Syrie sont déconcertées.

 

Obama a aussi embrassé la cause des Frères musulmans d'Égypte. Sur sa page Facebook, Tarek Fatah, par ailleurs un chaud partisan d'Obama, avait fulminé contre sa décision de s'incliner devant les islamistes. Il avait mis en cause l'influence des proches conseillers d'Obama inspirés par les Frères musulmans infiltrés à la Maison blanche, dont Huma Abedin, Dalia Mogahed et Rashad Hassan.

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On le savait, et on l’avait du reste écrit ici (voir notre article « Après Israël, Obama vote pour les Frères musulmans en Syrie« , mis en ligne le 19 août), mais le quotidien en ligne américain World Tribune.com – qui traite uniquement des questions internationales –  le confirme dans son édition du 26 septembre : l’administration Obama traite directement et prioritairement avec la Confrérie syrienne des Frères musulmans. « Des responsables américains de haut niveau ont rencontre les Frères musulmans syriens ainsi que leurs « lobbystes » aux Etats-Unis. Ils disent que les deux parties se sont rencontrées plusieurs fois au cours des trois derniers mois pour discuter du rôle de la Confrérie après le renversement du président Bachar al-Assad« .

Dépit & inquiétude de l’opposition « démocratique »

 

Rien de nouveau sous le ciel du Département d’Etat, qui a déjà une relative « expertise » dans la manipulation des radicaux sunnites, de l’Afghanistan à la Libye en passant par les monarchies du Golfe. Mais la pilule demeure désagréable à avaler pour l’opposition dite « démocratique » qui croyait naïvement que Washington soutenait le pluralisme à l’occidentale dans le monde arabo-musulman. Ainsi le « Parti de la Réforme » syrien a publiquement protesté contre ces rencontres américano-islamistes. Il faut dire que, selon WorldTribune.com, ce parti est considéré comme l’un  des plus pro-occidentaux dans la nébuleuse de l’opposition syrienne. Pour le Parti de la Réforme, avec ces contacts privilégiés, l’administration américaine avalise de fait le projet des Frères musulmans, à savoir faire de la Syrie un Etat islamique et non une démocratie pluraliste qui « donnerait sa place aux importantes minorités alaouite, chrétienne et kurde » (ce que fait peu ou prou le régime actuel, Ndlr).

« Cette politique mal orientée du Département d’Etat aura de néfastes conséquences, non seulement pour l’avenir de la Syrie, mais aussi par le fait qu’elle accroîtra immédiatement le niveau de violence et renforcera la base politique d’Assad » affirme un communiqué du PR en date du 23 septembre.

 

Aux Etats-Unis, les Frères musulmans syriens disposent d’un paravent politico-médiatique, le « Conseil américano-syrien« , qui joue le rôle classique d’un lobby auprès de la classe politique américaine. Le 24 septembre, ce SAC tenait meeting à Anaheim en Californie. Au programme des interventions, la « Syrie post-Assad« . Le gouvernement américain y avait délégué Frederic Hof, le « M. Syrie » d’Obama, qui a ouvert la réunion. Dans un précédent meeting du « Conseil », c’est carrément Hillary Clinton qui s’était déplacée pour diriger les « débats ». Naturellement, dans ces deux circonstances, les représentants de l’opposition laïque étaient exclus de la fête. Pour en revenir à Frederic Hof, il aurait rencontré Najib Ghabdan, un membre du Conseil national syrien, professeur de sciences politiques à l’université d’Arkansas. Cette rencontre s’est faite sous les auspices du « Conseil pour les relations américano-islamiques« , un autre cache-sexe américain des Frères musulmans.

Une des pontes du SAC, Susan Misto, a confirmé l’excellent feeling prévalant entre la Confrérie et l’administration Obama : « Nous demandons aux Américains et à la communauté internationale de mettre fin au bain de sang et d’envoyer Bachar devant la Cour internationale« , ajoutant : « En tant que syro-américains, nous sommes solidaires des manifestants pacifiques de Syrie qui donnent quotidiennement leurs vies pour la liberté« . On nous permettra de penser que chez ces gens-là, le côté américain l’emporte largement sur le côté syrien…

 

 

 

 

 

 

 

Source : Ca se confirme : pour la Syrie, Obama préfère les Frères musulmans, par Louis Denghien, INFOSyrie, 28 septembre 2011 Poste de veille

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