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Les attentats de Bali, en 2002, ont fait 202 morts et plus de 200 blessés, dont la plupart étaient des touristes étrangers. Parmi eux, 88 Australiens.

Terreur à l'asiatique

Selon Vincent Fournier, l’Asie du Sud-Est demeure un terreau fertile pour le terrorisme transnational

 

En novembre 2011, des agents du FBI et des policiers ont arrêté quatre pirates informatiques à Manille, aux Philippines. Ces derniers étaient identifiés comme proches du réseau terroriste Jemaah Islamiyah, un groupe lié à Al-Qaïda. Ils contribuaient, par leurs activités illégales, au financement d’actes terroristes en Asie.

«De 2000 à 2005, la Jemaah Islamiyah a commis le plus d’actes terroristes en Asie du Sud-Est, explique l’étudiant Vincent Fournier, inscrit à la maîtrise en études internationales. Ces attentats visaient principalement les Occidentaux. Ils ciblaient, entre autres, les ambassades, les hôtels, les stations balnéaires et les églises.»

Le 9 décembre, au pavillon Charles-De Koninck, cinq étudiants dont Vincent Fournier ont abordé les questions de sécurité en Asie du Sud-Est au cours d’un colloque organisé par les étudiants du Séminaire pluridisciplinaire sur l’Asie. «Depuis 2007, poursuit-il, plusieurs arrestations ont diminué la capacité d’opérer de la Jemaah Islamiyah. Mais les attaques suicides de juillet 2009 contre deux hôtels de luxe de Jakarta, en Indonésie, ont montré que la principale organisation terroriste régionale était seulement en transition.»

Rappelons que la Jemaah Islamiyah est responsable des attentats à la bombe dans l’île de Bali, en Indonésie, le 12 octobre 2002. Bilan: 202 morts et plus de 200 blessés, la plupart des touristes étrangers.
L’Asie du Sud-Est est située à l’est de l’Inde et au sud de la Chine. La Birmanie, le Vietnam et les Philippines en font partie. Plus de 600 millions de personnes vivent dans cette vaste région de quelque 4 millions de kilomètres carrés. On trouve une population musulmane dans la majorité des pays. «Les musulmans de la région pratiquent une forme modérée de l’islam et rejettent les idéologies et les buts des groupes terroristes, souligne Vincent Fournier. Une organisation comme la Jemaah Islamiyah veut établir un califat islamique dans la région avec la charia comme loi étatique.»

Selon lui, plusieurs facteurs ont favorisé l’émergence de groupes terroristes en Asie du Sud-Est. Ce phénomène se développe souvent en périphérie des États dans des populations minoritaires pauvres et victimes de répression. «Les groupes terroristes sont en mesure de profiter de cette instabilité pour s’intégrer, offrir leurs services et imposer les valeurs de l’islamisme radical, indique Vincent Fournier. La croissance du terrorisme est donc la conséquence de l’échec des États aux plans économique et social.»
Un autre facteur est la difficulté, pour les États, de coopérer entre eux pour sécuriser la région, entre autres parce qu’ils ne s’entendent pas sur la délimitation de leur territoire respectif. Il y aussi la présence de nombreuses îles et de plusieurs voies navigables qui favorisent les déplacements en toute discrétion. «Ces facteurs permettent aux organisations terroristes de voyager entre les États sans trop se faire remarquer, affirme Vincent Fournier. La plus grande menace aujourd’hui est cette capacité pour les groupes terroristes d’opérer à travers les frontières.»

 

 

 

 

 

 

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