Quelle meilleure issue pour une révolte, une révolution ou quelque autre soulèvement que de déboucher sur l’éviction d’un dictateur !
Il ne peut cependant y avoir de pire déception que de voir une dictature s’implanter en lieu et place de celle qui vient d’être chassée au prix d’énormes sacrifices.
Le Printemps arabe s’est fait, à juste raison, porteur d’espoir sauf que l’on craint fort de voir le rêve se transformer en cauchemar ou que ledit printemps ne soit en fin de compte qu’un triste automne ou un hiver ravageur.
En Syrie comme au Yémen, on continue de déplorer des morts et des blessés par dizaines, tous des militants assoiffés de liberté et aspirant à une société où l’on est citoyen à part entière, jouissant de tous ses droits comme c’est le cas dans toute société où les valeurs universelles ne peuvent être sujettes à quelque interprétation allant dans le sens des intérêts d’un groupuscule, d’une secte ou d’une idéologie particulière.
On ne peut ne pas être de tout cœur avec les peuples syrien et yéménite, mais on ne peut pas, non plus, ne pas nourrir quelques appréhensions de voir la Syrie et le Yémen connaître des lendemains aussi troubles que ceux que vivent aujourd’hui Egyptiens et Tunisiens.
Ce n’est sûrement pas à une Egypte où l’on incendie des églises et où l’on opprime sans ménagement les manifestants qu’un Copte égyptien aspirait. Comme d’ailleurs c’est le cas pour tout Egyptien sensé et normalement constitué qui, s’il s’est donné tant de mal pour se débarrasser de Moubarek, ce n’est certainement pas pour se voir imposé la façon de s’habiller, la chanson à écouter ou le film à regarder.

 

 

 


 

Le journal Libération (Maroc)

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