Sadok Chourou, député d’Ennahdha et membre de la commission du préambule, a déjà donné le ton dans les débats de sa commission en déclarant que ‘le préambule doit se faire suivant trois références fondamentales, qui sont le Coran, la Sunna et l’unanimité des savants de la Umma islamique. C’est l’unique référence fondamentaliste islamiste reconnue et les théologiens de l’Islam sont unanimes là-dessus’.
Pour ce qui est du système judiciaire, qui va être mentionné dans la nouvelle Constitution, Chourou pense qu’il ‘se basera sur la Chariaâ pour organiser les relations entre les citoyens’. ‘Les références à l’homme ne peuvent être que relatives et il faut les insérer dans les références absolues de Dieu’, a-t-il ajouté.

Ces propos contredisent ceux de Rached Ghannouchi, qu’il a émis hier dans une interview à un quotidien de la place. Ghannouchi a en effet déclaré que ‘l’article I de la Constitution suspendue, qui définit la Tunisie comme étant un Etat musulman dont la religion est l’Islam, est suffisant à condition qu’on l’applique. On peut, toutefois, ajouter un autre article qui interdit la promulgation de lois qui constituent une offense à l’Islam. Même Bourguiba a refusé de promulguer une loi qui ne respectait pas de façon incontestable les préceptes de l’Islam, à savoir la loi sur l’héritage. Il n’est donc pas nécessaire que la future Constitution stipule que la Charia soit la source de la législation’.
C’est l’unique fait marquant de cette étape de démarrage des actions des six commissions de la Constitution, qui ont siégé ce matin du lundi 20 février 2012 à la Constituante au Bardo. Leurs ordres de jour ont consisté à extraire les fondamentaux des thèmes traités par chacune des commissions.
Habib Khedher, le rapporteur général de la Constitution, a expliqué qu’il ‘s’agit d’une phase de réflexions générales pour toutes les commissions’.

‘En effet, il nous faut d’abord une étape pour délimiter la structure générale dans laquelle nous allons évoluer. Ensuite, il faut réunir la matière à l’état brut, en s’inspirant des écrits, voire même, en organisant des séances d’écoute de compétences, ou de personnalités connues pour leur excellence dans certains domaines. Enfin, nous allons nous entendre, sur les priorités et faire des compromis dessus’, a-t-il souligné.

Concernant les divergences, et à part les propos de Sadok Chourou, les questions de la durée des travaux de rédaction de la Constitution et de la présence de la presse dans les travaux ont également suscité quelques remous, avant que le ton ne se calme et qu’on accorde aux journalistes le droit d’y assister.

Mounir Ben Mahmoud/http://www.businessnews.com.tn/Tunisie
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