Le torchon risque de brûler entre la Zitouna et le Conseil de l’ordre des médecins concernant la rétention de l’enseignement zetounien de prodiguer des études médicales.

En effet, lors de sa présentation le jour de la réouverture de la Zitouna, le 6 mai 2012, Cheikh Houcine Laâbidi, a annoncé l’éventualité d’enseigner la médecine à la mosquée Zitouna, afin «d’avoir des médecins zeitouniens de cœur qui ont le diplôme de la Zitouna et la médecine, avec la morale et l’éthique». Il a ajouté : «Nous voulons moraliser la médecine par la formation de médecins à la fois compétents et pieux qui craignent Dieu. Qu’ils enseignent leur médecine et nous enseignerons la nôtre».
Suite à ces propos, le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM) a publié un communiqué, en se basant sur les propos du Cheikh Laâbidi cités dans l’article «Qui contrôle la Zitouna ?», paru dans le quotidien La Presse du 8 mai.
Ledit communiqué «fait état du redémarrage de l’enseignement zeitounien, ce à quoi chacun ne peut qu’applaudir, quand on sait ce que cet enseignement et ses maîtres ont apporté à la société tunisienne, et ailleurs, en matière d’affermissement de la foi et de la culture musulmanes».

Cependant, et selon cet article, l’enseignement zeitounien s’écarterait de sa vocation initiale pour devenir multidisciplinaire et ce, en dehors de tout cadre juridique, de toute tutelle et des plus élémentaires conditions de crédibilité. Le même article laisse entendre que notre médecine aurait perdu ses dimensions éthiques et morales et qu’il convient d’y pallier.
Face à ces propos «portant atteinte à la corporation», le CNOM «s’est déclaré profondément préoccupé par de telles dérives et de telles assertions et attend des autorités concernées de l’Etat la mise au point qui s’impose».

Mounir Ben Mahmoud/http://www.businessnews.com.tn
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