Sahbi Atig, président du groupe parlementaire d’Ennahdha, a présenté les lignes générales que défendra son partie quant à l’élaboration de la Constitution, aujourd’hui 28 février 2012, en séance plénière de l’Assemblée constituante.

M. Atig a rappelé, pendant 20 minutes d’une allocution de près d’une demi-heure, les principes islamiques qui prévalent, selon Ennahdha, dans l’élaboration de la Constitution. Il a notamment affirmé que celle-ci ne devra pas être contraire aux principes édictés par le Coran et la Sunna du Prophète, qui doivent être la source principale de la Loi fondamentale.

Sahbi Atig a, en outre, déclaré que l’histoire de l’Islam ne connaît pas de séparation entre la religion et la politique, et que la chose religieuse, dans l’Islam, ne se limite pas à la sphère privée, mais est un principe de société organisant la sphère publique. Il affirme, en ce sens, que ceux qui appellent à la séparation entre la religion et la politique touchent aux bases fondamentales de la pensée islamique.

L’élu d’Ennahdha a néanmoins assuré que son parti défend le principe d’un Etat civique, car en Islam il n’y a pas de notion de pouvoir religieux, citant les écrits d’un savant religieux. Contrairement à ce qui s’est passé en Europe, les islamistes ne prôneront donc pas un Etat religieux, avec un pouvoir qui émanerait de la volonté divine, car le seul pouvoir légitime est celui du peuple, et ce dernier est le seul habilité à choisir ses représentants.

Les différents représentants des groupes parlementaires ont tour à tour présenté leur vision de Constitution, notamment Mouldi Riahi, président du groupe parlementaire d’Ettakatol, qui a déclaré refuser que la Chariâa soit inscrite dans la Constitution en raison des risques liés aux interprétations qui pourraient en découler.

Les interventions se poursuivent en cet après-midi, à l’Assemblée constituante. Nous y reviendrons.

M.B.H

 

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