Samir Dilou, ministre des Droits de l’Homme et de la Justice transitionnelle s’est livré à de virulentes critiques envers les médias lors d’un meeting du parti Ennahdha à Bizerte, selon une vidéo diffusée sur le site officiel de la jeunesse d’Ennahdha. M. Dilou a commencé par affirmer être tout à fait à l’aise de pouvoir traiter de certaines questions «loin des médias!».
Il a, dans un premier temps, évoqué le fait que certains citoyens brandissaient des slogans tels que « Rien n’est plus sacré, que ma liberté », un slogan qu’il a qualifié d’erreur et même de péché. Il a affirmé qu’il n’y avait pas de liberté absolue et que «notre histoire, notre civilisation, notre religion et nos valeurs, sont toutes sacrées».

M. Dilou a, ensuite, évoqué la liberté d’expression et la liberté de presse, pour affirmer que ces libertés ne peuvent être absolues et que les journalistes, qui se permettent de critiquer les autres, devraient accepter d’être critiqués à leur tour. Il a ajouté que le gouvernement n’a pas du tout l’intention de donner l’occasion à certains de se racheter en l’insultant et que ces journalistes qui se disent révolutionnaires, ne sont autres que ceux qui profitaient des «festins» de l’ancien régime. Il n’a pas omis de préciser que ces journalistes traitaient les islamistes de terroristes et les traitent maintenant «d’ennemis de la liberté ».

Ces mêmes personnes, que Samir Dilou n’a pas nommées, ont des «dossiers ouverts», des affaires compromettantes et feraient n’importe quoi afin de «mendier ne serait-ce qu’une nuitée en prison, afin d’effacer leur passé et de se purifier de leurs péchés». «Ces journalistes, qui n’ouvraient la bouche que chez le dentiste, s’amusent maintenant à violer le sacré, dans des torchons, qu’ils qualifient de journaux, en ornant leur première par des photos de nudité et en utilisant des dizaines d’obscénités dans leurs articles», a-t-il ajouté sur un ton sarcastique.
M. Dilou a affirmé que le gouvernement se trouve, de ce fait, dans une situation embarrassante, car il ne veut pas offrir à ces opportunistes l’occasion de se montrer dans la posture de militants et de se refaire une nouvelle virginité, en utilisant la provocation.

Par ailleurs, et évoquant la visite du prédicateur Wajdi Ghenim, M. Dilou a rappelé que la Tunisie est ouverte à toute visite, que ce soit d’artistes, de sportifs ou encore de prédicateurs. Il a ajouté que les détracteurs de cet invité ont utilisé des déclarations anciennes concernant l’excision, une question qu’il n’a absolument pas évoquée en Tunisie. M. Dilou a insinué que certaines parties essaient délibérément d’amplifier cette visite. Il a affirmé, enfin, que « le gouvernement ne craint aucune intimidation et ne servira aucun agenda politique!».

D.M




 

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