Ce qui s'est passé hier au sein de l'Assemblée Constituante a dépassé toutes les limites de l'acceptable. M. Sadok Chourou en public, en présence des caméras et du chef de l'assemblée, à appelé au Djihad en citant une sourate qui expose les châtiments exercés à l'encontre des ennemis de Dieu, appelant à les crucifier, les démembrer et les tuer.

Sadok Chourou fait non seulement l'amalgame entre le gouvernement et Dieu, mais se permet en plus le luxe d’appeler au djihad contre ceux qui font des sit-in et empêchent le gouvernement de travailler. Une fetwa, rien que ça... C’est sûr que quand on a certaines affinités idéologiques avec le FIS, le dialogue n’est pas forcément la meilleure façon de régler les tensions. Il est en effet plus simple d’exterminer les tunisiens récalcitrants ( à tort ou à raison) que d’essayer de trouver une alternative pacifique. Il aurait en effet été plus simple d’exterminer tous les islamistes qui ont commis des actes terroristes à l’époque, au lieu de quoi, on les place aujourd’hui à la tête du gouvernement. Si certains souffrent de la dialectique hégélienne du maître et de l’esclave et de sa forme plus symptomatique de la victime et du bourreau, ils n’ont pas leur place à la tête d’un petits pays au calme si précaire et en phase de transition démocratique. Que ceux qui ont souffert et veulent aujourd’hui prendre leur revanche sur les tunisiens, aillent se soigner avant de se permettre de gouverner et d’ouvrir leurs grandes gueules à force de versets coraniques, et se prenant pour Dieu lui –même. Il y a des lois civiles pour empêcher les sittins et les lever. Et si vous voulez appliquer la loi de Dieu, nous commencerons pas les sittineurs de la Manouba. Mais nous, nous n’avons pas la prétention d’égaler Dieu et son prophète, nous avons des lois pour régir la société pas des armes et un turban.

J'accuse M. Sadok Chourou d'appeler au meurtre avec la complicité de l'Assemblée Constituante qui n'a même pas réagi. Où est M. MBJ devant cette violence caractérisée? N'est-il là que pour jouer au pion de Nahdha? Ils devraient être tous les deux démis de leurs fonctions.

Hier encore, on a agressé des personnes venant défendre Nessma, et le gouvernement n'avait pas pris ses dispositions pour éviter le lynchage. Ce n'est pas seulement Zied Krichen et Hamadi Redissi qui ont été agressés, Saida Garrach, Chokri Belaid, Abdelhalim Massoudi aussi. Il aurait fallu condamner toutes les agressions et pas seulement celle qui a été filmée.

Hier encore, Abderrazek Radaoui militant du Pocte a été agressé par une trentaine de salafistes. Ils évoluent en troupeau, comme des lâches, superbes de leurs faiblesses.

Les intégristes évoluent en toute impunité, et le gouvernement ainsi que les partis politiques et les membres de la société civile, trouvent beaucoup plus urgent de dénoncer l'affaire Laarayedh, qui reste marginale que de dénoncer la violence et les agressions subies quotidiennement et dans le silence suspect des autorités.

Demain on violera publiquement les femmes, en lisant la fétiha devant témoins juste avant. Ce sera le viol collectif char3i. Ils ont déjà tenté de le faire en violant la révolution tunisienne, la spoliant, en mystifiant l’histoire de leurs mensonges estampillés Hallal.

 

Rached Ghanouchi, pour expliquer le comportement de sa base salafiste a juste trouvé bon à dire que ces jeunes lui ressemblaient à son âge... j'espère qu'il ne les laissera pas lui ressembler au point de commettre à nouveau des actes terroristes.

Et pour revenir à cette affaire, où un député, élu, M. Sadok Chourou appelle au meurtre de ses compatriotes, je voulais dire, que si Nahdha n’a pas le monopole de Dieu et de la religion, elle a bien celui de la violence et du terrorisme. Aujourd’hui c’est un appel à tuer les sittineurs et les empêcheurs de tourner en rond. Demain ce sera l’appel à la guerre civile. En Algérie, le Fis avait d’ailleurs commencé par occuper les mosquées et placarder le nom des personnes à éliminer en attendant de lancer un appel à sa base armée pour qu’elle passe à l’acte. Ne vous attendez pas à un autre scénario en Tunisie si on laisse faire ces djihadistes.

Je lance un appel à la ligue des droits de l’homme, aux membre de la société civile et aux membres des partis politiques de se constituer parti civile contre Sadok Chourou pour menace de violences crédibles et appel au meurtre. Cet affaire ne doit pas passer. Quand on se permet d’accuser un film d’animation de toucher à Dieu, on ne doit pas se permettre de parler au nom de Dieu pour massacrer ses semblables. C’est la limite à ne pas franchir, et Ennahdha l’a franchie hier, publiquement.

On connaît tous la fable du chien dont on a voulu redresser la queue des années durant et à la fin, elle est restée tordue. Comme le disait un poète, n'essayez pas de redresser la queue du chien, tirez lui une balle dans la tête.

No Pasaran

 

 

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