L’Assemblée constituante – toujours sous la menace d’une dissolution par la junte militaire au pouvoir –, débat actuellement d’un projet de constitution. Les constituants musulmans et islamistes y détiennent l’écrasante majorité des sièges, toutefois, des représentants des différentes Églises ou communautés participent aux débats. Le projet de libellé de l’Article II de la nouvelle Constitution inquiète, à raison, les chrétiens égyptiens, puisqu’on y trouve l’affirmation qu’en Égypte, « la souveraineté appartient

L'évêque Paul de Tanta

à Dieu ». Les chrétiens y voient un risque d’institutionnalisation de la théocratie islamique en Égypte. Pour l’évêque orthodoxe copte Paul de Tanta, si l’article II ne garantit pas l’autonomie juridique des Églises, il dira aux Coptes : « Il n’y a plus de place pour vous sur la terre d’Égypte, car ce n’est pas au pouvoir législatif de gérer les affaires du clergé ». Une position paradoxalement soutenue par plusieurs hauts responsables musulmans de l’Université Al-Ahzar qui ont récemment déclaré que « les chrétiens et les juifs doivent relever d’une juridiction issue de leurs religions propres », une déclaration saluée par des Églises chrétiennes. Même s’il est difficile d’évaluer le nombre de Coptes qui ont déjà quitté l’Égypte depuis le début des événements qui ont chassé Moubarak, certains l’estiment à 100 000. C’est ce nombre considérable qu’avance le Dr. Naguib Gabriel, président de l’Union égyptienne des droits de l’homme, mais ce nombre est contesté par d’autres chercheurs. Mais un groupe qui s’intitule Égyptiens contre la discrimination religieuse, et qui compte en son sein des membres du groupe dit Union des Jeunes de Maspero et des Copte, souhaiterait que l’Article II de la Constitution affirme que « la souveraineté réside dans le peuple », et s’oppose à ce que l’Article II définisse des droits particuliers pour toutes les religions en Égypte.

D.H.

Source : United Copts of Great Britain et http://www.christianophobie.fr/

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