L’Observatoire sur l’intolérance et la discrimination religieuse en Europe (OICDE) s’inquiète de l’augmentation des actes commis à l’encontre des chrétiens en Europe, dans un rapport publié lundi 19 mars. Le texte d’une soixantaine de pages, disponible en anglais, recense près de 180 faits constituant une discrimination contre les différentes Églises.

Les cas dénombrés par l’Observatoire couvrent un très large spectre, allant des profanations de cimetières aux atteintes à la liberté de conscience, en passant par le retrait d’une application iPhone chrétienne ou le vandalisme contre des églises. Deux pièces de théâtre qui furent en France à l’origine d’une vive polémique, à l’automne, sont également considérées comme discriminatoires.

Sur les 180 cas recensés, une trentaine a eu lieu en France. Parmi eux, on distingue notamment l’interdiction par la préfecture d’une manifestation pro-vie à Paris, la profanation du cimetière de Sussargues (Hérault) ou l’inscription de graffitis sur une église bretonne, à Vannes (Morbihan). En France, selon le rapport, 84 % des actes de vandalisme sont dirigés contre des lieux de culte chrétiens.

« Les évêques d’Europe sont particulièrement attentifs à ces manifestations »

Néanmoins, le rapport relève des éléments positifs. Les observateurs, comme les médias, les parlementaires ou les chercheurs, portent davantage d’attention au phénomène que par le passé. En témoigne une récente prise de position de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE, qui encourage ses États membres à réévaluer leurs lois qui porteraient préjudice aux chrétiens.

« Le jugement de la Cour européenne des droits de l’homme en faveur du maintien des crucifix dans les salles de classe italienne est également quelque chose de très positif », se félicite Martin Kugler, qui dirige l’observatoire, installé à Vienne (Autriche).

« Les évêques d’Europe sont particulièrement attentifs à ces manifestations de discrimination et d’intolérance religieuse, qui confirment en fait que certaines valeurs et certains droits fondamentaux propres à notre Europe, tels que la liberté de religion et la reconnaissance juridique de nos Églises, sont loin d’être un fait acquis dans certaines régions du continent », a pour sa part déclaré Mgr András Veres, évêque de Szombathely (Hongrie), chargé par le Conseil des conférences épiscopales d’Europe (CCEE) de suivre les activités de l’OIDCE.

Rapport remis en juin aux parlementaires européens

La compilation des actes antichrétiens sur laquelle se fonde le rapport est entièrement opérée par l’observatoire. « Nous les recensons puis nous les vérifions », explique Martin Kugler. « Notre travail est de recenser les faits. Les décideurs politiques, notamment européens, doivent désormais s’en saisir. »

L’OICDE présentera son rapport fin mars à Bruxelles, lors d’une réunion avec la Commission européenne. Puis en juin, il sera remis à des parlementaires européens lors d’un débat sur le sujet.

 

LOUP BESMOND DE SENNEVILLE   / La croix 

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