Le long de la frontière afghane, les jeunes volontaires reçoivent un entraînement quasi militaire.

Ils sont le plus souvent repérés en France, où les lieux de recrutement se sont diversifiés.
Les djihadistes français seraient aujourd’hui environ une dizaine dans les zones tribales pakistanaises, le long de la frontière afghane. Principalement d’origine maghrébine, on compterait aussi dans leurs rangs quelques convertis. Dans les camps d’entraînement des zones tribales pakistanaises – des régions interdites aux étrangers, sur lesquelles l’État pakistanais a très peu de contrôle –, ils reçoivent un entraînement quasi militaire : techniques de combat, manipulation d’explosifs, entraînement au tir, mais on leur apprend aussi à résister à des conditions de vie plus que spartiates.

Si les Français y sont moins nombreux que d’autres Européens (les Allemands d’origine turque, notamment), ils ont pourtant fait parler d’eux ces deux dernières années. Mohamed Merah, le terroriste présumé de Toulouse, a notamment été arrêté et interrogé à Kandahar par les renseignements afghans en novembre 2010.

En revanche, peu ont fait parler d’eux après leur passage au Pakistan. Seul un Français, présent entre les zones tribales et l’Afghanistan depuis les années 1980, est connu des combattants islamistes comme un grand artificier qui aurait gagné ses titres de gloire en allant combattre en Afghanistan. Le prestige des aînés est justement ce qui attire les jeunes recrues. Par ailleurs, les sites Internet extrémistes, qui diffusent des images chocs des « violences que subissent les musulmans à travers le monde », renforcent encore les vocations.

 

Contrairement à certaines idées reçues, le recrutement de volontaires au djihad ne se fait plus parmi des étrangers venus étudier dans des madrasas (écoles coraniques) dominées par des prêcheurs radicaux au Pakistan. Parce que ces institutions sont étroitement surveillées par les autorités pakistanaises et les quelques Français qui y étudient sont connus des autorités françaises.

Aujourd’hui, les futurs djihadistes sont repérés en France par un « recruteur » qui va les diriger vers le Pakistan. Les voies de recrutement se diversifient : aux salles de prières radicales s’ajoutent désormais les réseaux associatifs, les prisons ou les clubs de sport.

Pour rejoindre les camps d’entraînement, il existe des voies d’accès privilégiées. Les jeunes choisissent de rentrer légalement dans le pays avec un visa, avant de disparaître dans la nature, ce qui rend possible une traçabilité. En revanche, la filière qui consiste à rejoindre clandestinement le Pakistan par l’Iran permet aux jeunes djihadistes de demeurer inconnus des services de renseignement, et éventuellement de revenir sans éveiller les soupçons.

 

Nadia Blétry, à Islamabad   http://www.la-croix.com

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