Front Populaire
« Il est
vraisemblable que nous aurons affaire non seulement à une masse mouvante plus ou moins indésirable de sans-travail et d’émigrants, de provenances diverses, en quête d’un pays susceptible de les
accueillir en leur procurant des moyens d’existence, mais encore à des individus franchement douteux, à la moralité suspecte. Il convient de refouler impitoyablement tout étranger qui
cherchera à s’introduire sans passeport ou titre de voyage valable, ou qui n’aura pas obtenu de visa consulaire, s’il est soumis à cette formalité.
A ce point de vue, notre vigilance devra être particulièrement en éveil vis-à-vis des originaires de l’Europe centrale et orientale. Sinon nous risquons de voir arriver chez nous des individus sans travail et sans ressources en quête de situations quelles qu’elles soient. Pour parvenir à leurs fins, ils utilisent tous les prétextes et recourent à tous les subterfuges. Or tous ces immigrants viennent de plus en plus submerger nos professions commerciales et artisanales, pesant ainsi sur notre économie générale. »
Marx Dormoy, ministre de l’Intérieur du Front Populaire, 14 avril 1937
Parti communiste
Extraits de 3 reportages diffusés le 9 janvier 1981.
Petits rappels historiques
Extrait du livre de Thierry Desjardins « Lettre au Président à propos de l’immigration et de quelques autres sujets tabous qu’il faudra bien finir par aborder » – Éditions Fixot, Paris, 1996.
Il est d’ailleurs extraordinaire de voir à quel point on a refait l’histoire sous nos yeux, sans même que nous nous en rendions compte. Il est, par exemple, admis maintenant comme une vérité historique que c’est l’extrême droite qui, la première, a soulevé la question des immigrés et de leur trop grand nombre.
C’est totalement faux.
Historiquement. En fait, les premiers à avoir parlé du sujet et à avoir “ cassé de l’immigré ” (au sens exact du terme) furent – on l’a totalement oublié – les… communistes. Ça s’est passé en 1969. Le Front national n’existait pas encore (il ne sera fondé qu’en 1972) et l’extrême droite n’avait même pas présenté de candidat aux présidentielles de juin 1969, contre Pompidou, n’ayant obtenu que 5 % des voix au premier tour des présidentielles de 1965, contre de Gaulle, avec Jean-Louis Tixier-Vignancour comme candidat. Il n’y avait d’ailleurs en 1969 “que” 2 600 000 étrangers recensés en France – soit 5,3 % de la population – et qui étaient encore majoritairement européens.
Or, le 19 décembre 1969, le Parti communiste déposait une proposition de loi demandant une plus juste répartition, entre les communes, des fonds destinés aux immigrés et – à l’instigation des maires communistes de la banlieue parisienne – une véritable répartition des immigrés dans toutes les communes.
N’importe quel autre parti que le PCF aurait déposé un tel texte, on aurait immédiatement hurlé au scandale en arguant que, les étrangers étant des hommes comme les autres, ils avaient parfaitement le droit de s’installer où ils souhaitaient à l’intérieur du territoire français. D’ailleurs, aux yeux de l’opinion, les immigrés étant, par définition, des “ pauvres ”, il était normal qu’ils s’installent dans les villes “ pauvres ”, lesquelles étaient, par définition aussi, des fiefs communistes.
Comme on croyait les communistes plus internationalistes que nationalistes et qu’on pensait que l’opération visait simplement à obtenir davantage de crédits pour le Parti communiste dans ces villes de banlieue sans guère de ressources, personne n’a compris qu’en fait ces élus de la banlieue “ rouge ” avaient, avant tout le monde, détecté les premières réactions de rejet de la population française à l’encontre des immigrés, et personne n’a attaché la moindre importance à cette proposition de loi qui est restée sans suite.
Il faut cependant reconnaître que les élus communistes ont été les premiers à comprendre que, s’ils ne montaient pas eux-mêmes au créneau de l’immigration, d’autres s’en chargeraient et gagneraient des voix dans cet électorat “populaire” jusqu’alors traditionnellement communiste. C’est ce qui s’est passé. Le Front national s’est d’abord et surtout implanté dans les fiefs communistes de jadis.
Il est ainsi intéressant de remarquer et de rappeler que les premiers à avoir évoqué, comme solution au problème, le principe des “quotas d’étrangers” et du “seuil de tolérance” (demander une “répartition” des étrangers à travers tout le territoire national, c’est admettre qu’il ne faut pas dépasser un certain “seuil” et qu’il faut donc imposer des “quotas” par commune) furent les communistes qui, il est vrai, étaient à cette époque les seuls responsables politiques à être confrontés quotidiennement à l’immigration.
En 1971, Joseph Fontanet, alors ministre du Travail et “brave homme” s’il en fut, est traîné dans la boue par toute la gauche (y compris les communistes) pour avoir osé demander qu’on “contingente” désormais l’entrée des travailleurs étrangers en France. Personne ne rappelle que l’idée vient des communistes, et on traite ce bon démocrate-chrétien de “raciste”.
En 1974, il y a 3330000 étrangers en France. On a donc dépassé les 6,5 %. Et pourtant Le Pen, qui, il est vrai, n’a pas encore parfaitement rodé son “ répertoire ”, n’obtient que 189 304 voix (soit… 0,75 % des suffrages exprimés) lors des présidentielles contre Giscard. » [ pp. 202-203.]
1981 : Georges Marchais demande l’arrêt de l’immigration

Texte copiable :
Le 6 janvier 1981, L’Humanité publiait la lettre qu’adressait Georges Marchais au recteur de la mosquée de Paris à propos de l’immigration :
« J’approuve le refus de Paul Mercieca de laisser s’accroître dans sa commune le nombre, déjà élevé, d’immigrés ; en raison de la
présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membre de leurs familles, la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut les
regarder en face et prendre rapidement les mesures indispensables. La cote d’alerte est atteinte […]
C’est pourquoi nous disons : il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage. Je précise bien : il faut stopper l’immigration officielle et clandestine. Il faut résoudre l’important problème posé dans la vie locale française par l’immigration. Se trouvent entassés dans ce qu’il faut bien appeler des ghettos, des travailleurs et des familles aux traditions, aux langues, aux façons de vivre différentes. Cela crée des tensions, et parfois des heurts entre immigrés des divers pays. Cela rend difficile leurs relations avec les Français. Quand la concentration devient très importante […] la crise du logement s’aggrave ; les HLM font cruellement défaut et de nombreuses familles immigrées, plongées dans la misère, deviennent insupportables pour les budgets des communes. » (source)
1991 : Le parti communiste et l’immigration
Vidéo du 04/07/1991 (via Jules G.)
Texte du tract
IMMIGRATION – L’opinion des communistes [1991]
Explosions de colère dans les villes, croissance du sentiment d’insécurité, résurgence du racisme,… La droite et l’extrême droite que nous combattons résolument, cherchent à attiser la haine contre les immigrés. Au-delà, l’immigration est-elle devenue aujourd’hui un vrai problème ? Notre réponse est OUI.
Pourquoi tant d’immigrés viennent-ils dans notre pays ?
Depuis toujours et pour des raisons très diverses, il y a des immigrés en France, dont beaucoup ont choisi de rester dans notre pays. De nombreuses familles,
immigrées à l’origine, sont devenues partie intégrante du peuple français. Aujourd’hui c’est essentiellement l’effroyable misère du Tiers-Monde qui contraint des hommes, des femmes, des jeunes
à venir tenter de vivre dans un pays développé comme le nôtre.
Cette immigration est d’autant plus forte qu’elle est organisée : les patrons y trouvent une main d’œuvre à bon marché. La politique suivie par les gouvernements a conduit à regrouper de nombreuses familles immigrées dans les banlieues, les cités populaires. Ainsi toutes les difficultés issues de la crise, du chômage, de l’exclusion, des inégalités se sont trouvées cumulées dans de véritables « cités-ghettos », où des familles françaises et immigrées voient leurs conditions de vie s’aggraver de façon intolérable.
Alors que toute immigration nouvelle aurait dû être arrêtée depuis longtemps (les communistes le disent depuis 1974), une immigration clandestine est organisée au
mépris de la loi. Des patrons y trouvent leur intérêt en surexploitant cyniquement ces travailleurs, que des « passeurs » et des « logeurs » rançonnent. Tous les gouvernements ont fermé les
yeux sur ces pratiques ignobles qui continuent à faire grandir le nombre d’immigrés dans notre pays.
La France peut-elle continuer à accueillir de nouveaux immigrés ? Non
Avec 3,5 millions de chômeurs, il faut arrêter toute immigration nouvelle : c’est l’intérêt commun des travailleurs français et immigrés. Pour
cela, il faut sévèrement sanctionner ceux qui permettent, organisent et utilisent l’immigration clandestines (patronat, marchands de main d’œuvre, passeurs, logeurs,…). Des accords doivent être
conclus avec l’ensemble des pays d’immigration pour un contrôle plus strict des sorties et retours de leurs ressortissants. Plus généralement, il faut s’engager sans attendre dans une politique
nouvelle mettant fin au pillage des peuples du Tiers-Monde, aidant à leur propre développement, permettant d’apporter une solution durable et d’intérêt mutuel au douloureux problème de
l’immigration.
N’y a-t-il pas des abus dans l’utilisation de la loi française qui permet le regroupement familial ?
Si, il faut les supprimer.
Un immigré doit avoir le libre choix de rester en France ou de retourner dans son pays. S’il décide de vivre en France, il est normal qu’il puisse y vivre avec sa famille pourvu que ce soit dans le respect de la loi française, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres habitants du pays. Ce n’est pas toujours le cas. Certains utilisent les conditions actuelles pour rassembler sans contrôle sous un même toit un nombre élevé d’adultes et d’enfants en dissimulant une immigration illégale. Il faut donc que le droit au regroupement familial soit garanti, mais maîtrisé et rigoureusement contrôlé dans son application.
Un immigré peut également décider de retourner dans son pays. Des accords nouveaux basés sur l’intérêt mutuel avec les pays d’origine doivent lui permettre de réussir sa réinsertion.
L’existence d’une nombreuse population immigrée dans une même ville ne conduit-elle pas à des déséquilibres dans l’utilisation des ressources communales
qui mécontentent d’autres couches de la population ?
Si, et il faut y remédier.
Les familles immigrées sont souvent les plus nombreuses et les plus pauvres. Elles sont donc parmi les premières à bénéficier des aides
accordées aux plus démunis. C’est une part importante du budget social de la commune –déjà trop limité- qui est ainsi dépensée. L’accès à certains services ou équipements est rendu plus
difficile pour d’autres, parce que trop cher. C’est à une situation qui ne peut plus durer que se heurtent les élus dans de nombreuses communes populaires. Il faut donc assurer la construction
de logements sociaux pour les familles françaises et immigrées dans toutes les villes où il en manque afin d’arrêter la création de villes ou de quartiers-ghettos. Sans attendre, l’Etat doit
apporter des moyens exceptionnels aux communes confrontées à ces difficultés afin que partout on puisse aider toutes les familles qui en ont besoin.
Drogue, violence, délinquance : faut-il fermer les yeux quand des immigrés sont dans le coup pour ne pas être traité de raciste ?

